Des micros changements de paradigmes au seuil d’une masse critique
Un simple bonheur que de partager ici la vision philosophique pacifiste de mon amie Laetitia Kava, avec son aimable autorisation.
Depuis le début de cette incroyable année 2011, nous assistons à des bouleversements qui touchent à la fois la planète dans sa totalité, et les symboles d'une humanité vendue par ses pères. Jamais la corruption, la bêtise… n'ont été aussi « librement » (?) consentis. Nous assistons à des changements dans la façon dont nous avions de nous représenter notre monde. Les grands symboles tombent un par un, il parait logique que celui de l'argent s'écroule plus ou moins fortement, à son tour, à un moment donné.
En même temps, on constate que la mobilisation collective de plus en plus forte et l'amplitude des prises de conscience relayé par le monde numérique font reculer les « banksters » et leurs serviteurs. (Islande, Gaz de Schiste, etc.)
Tout ce qui se produit en ce moment est nécessaire. Il faut bien que « ça » craque, que « ça » sorte, pour y voir clair pour tous et pour créer autre chose, quelque chose d'entièrement nouveau. Chaque clash est une porte qui s'ouvre, à utiliser.
Les systèmes totalitaristes arrivent à la fin de leur réalité, et comme un cancer qui mobilise le soin, nous sommes les infirmiers, les médecins, les brancardiers et la totalité des traitements.
La résilience est une fonction connue sur un plan individuel. « L’art de naviguer dans les torrents », la capacité de mettre en jeux des mécanismes adaptatifs et de dépassement pour résister aux chocs ; mais aussi en en tirant un profit noble, malgré l'adversité et celui de refuser le statut de victime.
Nous sommes un corps collectif. Les sept milliard que nous sommes représentent aussi une seule entité. Ce corps collectif est soumis aux mêmes lois que le corps individuel. Les fonctions de résiliences sont donc pleinement actives au sein de ce corps. Les pétitions, par exemple, qui font arrêter telle ou telle entreprise sont bien une forme de résilience collective. Et chaque fois qu'une « victoire » est remportée (sur un plan individuel ou micro-collectif: exemple www.80hommes.com et Muhammad Yunus), elle constitue un bien dans la balance collective entre le « bien » et le « mal », la créativité et l'idiocratie; et les exemples ne manquent pas.
Dans notre société actuelle, les espaces, les modes de vies, les objets de consommations, les monnaies, les contrats avec les fournisseurs ou de travail, ne sont finalement aussi que le produit de conventions tacites qui se sont matérialisés de cette manière. Il n'est écrit nulle part que les modes constitutifs de notre société, qui régissent nos vies, sont la loi. Il n'est écrit nulle part que l'usage que nous devons faire d'un budget, soit d'être utilisé au profit de l'armement et non pour l'éducation, ou que nous devons utiliser les énergies nucléaires et que nos pays ne doivent pas permettre les usages des autres énergies en priorité, par exemple. Est ce que nous avons, d'une manière ou d'une autre, participé ou contribué au système bancaire, qui kidnappe notre quotidien et la relation que nous allons avoir avec l'autre, et au nom de quoi ce système devrait-il faire loi absolu sur cette terre?
L'usage de la monnaie, par exemple, son objet, sa forme, sa valeur, ne dépendent que de nous. Cela n'a été écris sur aucun document historique. Ce n'est pas dieu qui nous à dis comment faire. Les usages des objets et le sens collectif qui le pratique évolue dans l'histoire et le temps des hommes. Ce sont nos conventions à nous, nos propres habitudes individuelles et sociales, que nous pratiquons nous tous, qui font exister les objets qui nous parasitent, ou pas. Nous sommes libre d'en changer, libre de changer l'usage que nous faisons d'un bulletin de vote, d'une maison, de notre temps de vie, de notre manière de vivre, de tout espace, de tout objet, même de pensées.
Les usages collectifs écris nulle part qui se perpétuent et ceux émergeant se font dans le tissage des parcours des êtres humains qui se battent pour être libre. Mais, il est aussi connu dans des écoles philosophiques une sorte de loi de la vie. Les personnes qui pratiquent les matériaux de la pensée connaissent très bien cette fonction étonnante qui semble bien régir la totalité de cette planète voir de l'univers. Elle porte plusieurs noms, seul son principe et sa définition nous intéressera : dans le poison est le remède.
Si je tente une « piste noire », je dirais que de la même manière qu'en physique quantique, le comportement du photon change en fonction de l'observateur, et de la même manière qu'en bouddhisme bien et mal ne sont pas séparés, dans la vie collective, ce qui s'y produit de redoutable n'est qu'un aspect de la réalité.
« L'illumination et l'obscurité ne sont pas deux choses différentes, deux réalités distinctes. Comprendre cela, c'est ce que l'on appelle la Voie du Milieu. » L'illumination, ou le bien, ne constitue pas une entité séparée du mal, de l'illusion. Bien et le mal ne sont que deux facettes d'une même réalité et nous faisons exister tantôt l'une, tantôt l'autre, en fonction de l'influence extérieure ou de notre propre détermination interne. On peut alors deviner que la façon dont nous répondons aux crashs d'un système et à ceux de nos quotidiens, n'est ni séparé ni innocent. On peut alors imaginer notre rôle, dans la réponse que nous donnons à la réalité en flux continu, qui nous arrive tous les jours, « sur la tête ».
C'est cette étrange possibilité de réactions que nous donnons à chaque instant qui structure exactement un futur. On peut absolument retourner une situation donnée parce que c'est strictement la même facette. Des médecins ont également mis au point une thérapie basée sur le constat de retournements de situation individuelle ou collective dans l'histoire, lié à un comportement totalement nouveau, sans entrer dans les détails, qui doit s'appeler l'approche systémique.
Nous avons complètement le choix de matérialiser ce que nous voulons. Si j'observe et si je cultive, donc si je rends visible l'aspect positif du réel, je change instantanément la réalité du temps T + 1, le futur immédiat. Je pulse ce qui va se produire dans l'instant média d'après, parce que je suis en total contact avec la seconde qui viens après l'instant présent, donc je suis en mesure de décider de son contenu. Dans notre réalité historique individuelle, et de la même manière au niveau collectif, tout se joue fondamentalement en une seconde ou tout y est possible. Et même le plus petit effort, le plus petit changement est une constituante forte.
Les bouleversements que nous vivons actuellement sont une chance incroyable de créer cette réalité telle que nous la voulons vraiment, intimement. C'est le moment de s'autoriser à être libre. C'est une possibilité collective, historique et à portée de main. C'est le moment de donner à manger, par le temps de pensée accordé, à nos rêves, même les plus fous. Et pour reprendre un terme économique c'est le moment d'investir, de monter sa boite, d'écrire son livre. Je n'ai pas envie de compter les points du capitalisme pas plus que de suivre la dégringolade seconde par seconde. D'un côté il y a tout ce à quoi les humains s'opposent avec engagement et fermeté, et chaque nouveaux tunnels de réalité réappropriés, transformés, et d'un autre, tout ce que nous créons simplement en positif, en bonus pour l'humanité. Beaucoup s'accordent sur le fait que cette inhumanité dans la quelle nous vivons ne correspond pas à notre identité fondamentale d'espèce vivante. Cela signifie donc que toutes ces personnes créent, sans que nous le sachions, simplement des avancées en tout point. C'est ça le bonus de l'humanité. Ce sont ces micros changements de paradigme. C'est aussi, comment nous initions ce monde aux petits et grands rêves que nous portons, et si nous les nourrissons bien ? Et, de quelle manière nous nous « rendons » à la vie.
Ainsi, tous ceux qui revendiquent un droit de propriété sur le vivant et sur cette terre sont les ennemis déclarés du monde du vivant, puisqu'ils font la guerre à ce monde par leur attitude. Tout ceux qui pensent se réunissent et produisent des lois pour faire en sorte que le monde du vivant leur appartiennent, n'ont pas compris le sens de la vie, et celui du monde du vivant. Nous devons donc les débusquer inlassablement jusque dans leur moelle. Celle ci est par nature sans substance, insignifiante et inutile puisqu'elle ne participe pas du monde du vivant, puisqu'elle veut se l'approprier. Hors la propriété ultime du monde du vivant c'est de n'appartenir, en particulier, à aucun des êtres vivants qui la constitue.
Par contre, toutes nos fréquences, nos dialogues, nos échanges et tout ce que nous faisons plus ou moins péniblement exister de chouette dans ce que nous appelons notre réalité, est en train d'arriver à un seuil de masse critique. Tout ce que nous ne laissons « pas faire », et tout ce que nous parvenons à réaliser, ensemble, aussi simplement que cela, dans nos vies, est une révolution en soi. On peut même dire que chaque bonheur individuel est le gardien de but de la démocratie. Et il y a bien un moment ou nous allons rendre collectivement visible ce seuil de masse critique et le changement de paradigme de notre civilisation qui en découlera.
Mais, plus profondément, c'est cette aspiration à vivre en paix, individuellement donc collectivement, qui fera la différence entre un monde en guerre ou en accord avec lui même.
Et cette simple détermination, si elle est claire, suffit à elle seule.
Laetitia Kava
Initialement publié sur Facebook.
Source photo : Image Fractale "Lumière 10"






Madame,
En interface de votre excellent article, voilà ce que j'ai trouvé sur internet : source :
http://marielcaelestia.unblog.fr/bouddhisme-2/approche-du-bouddhisme-du-point-de-vue-de-la-physique-et-de-la-psychologie/
(Ajout du modérateur : Vue que le texte est très long, il ne peut être validé dans le commentaire, comme proposé. Il suffit d’aller le lire sur le blog en question, merci de votre compréhension.)